Le corrompu Monseigneur Thuc à l’origine de la Guerre du Vietnam !
Les penchants séditieux et simoniaques de Monseigneur Ngo Dinh Thuc étaient patents, bien avant le scandale de ses ordinations et consécrations schismatiques et illicites, ayant engendré une multitude de sectes hérétiques et composées notamment de nombreux escrocs et sodomites.
Bambou tordu : un mémoire de l’intérieur du Régime Diêm, par Nguyen Thai

(Crooked Bamboo: a memoir from inside the Diem regime by Nguyen Thai)
[Source]

Malgré le fait d’être un homme d’Église, Thuc ne resta pas strictement religieux et fut très impliqué dans diverses affaires lucratives. Il le fit au bénéfice de l’Université Catholique de Dalat, qu’il avait fondée, mais s’est, quoi qu’il en soit, retrouvé désespérément embourbé dans la corruption et les affaires louches. Vers la fin du régime Diem, Thuc perdit tout équilibre moral et autorité spirituelle. Il fit de nombreuses attaques virulentes contre les bouddhistes au cours de la crise bouddhiste, contribuant énormément aux protestations qui culminèrent jusqu’au renversement et l’assassinat de Diem. Ngo Dinh Thuc eut été un meilleur homme religieux et se serait tenu à l’écart des magouilles politiques il aurait pu faire en sorte de sauver la présidence et la vie de son petit frère.

Un précédent dans le comportement séditieux de Monseigneur Thuc contre l’Eglise lors de la désignation d’un concurrent à la tête de l’évêché de Saïgon, première menace d’excommunication
Comme beaucoup de personnes au Sud-Vietnam, j’ai entendu dire que Ngo Dinh Thuc avait fait pression pour être désigné cardinal et archevêque de Saïgon, qui représentait la plus importante communauté catholique du pays. Le Vatican quoi qu’il en soit semblait au courant de l’implication de Thuc dans la corruption de la famille Ngo. En dépit des efforts de lobbying, le Vatican désigna un prêtre du sud moins controversé à ce poste. Diem et Thuc firent des démarches inhabituelles et extraordinaires pour empêcher cette décision, y compris en empêchant la poste et le service télégraphique de Saïgon de délivrer le courrier du Vatican. Thuc se rendit à Rome pour plaider un changement de la décision du Vatican. Se faisant à nouveau rejeter, lui et Diem essayèrent d’empêcher la nouvelle de la désignation de se répandre dans le Sud-Vietnam. Ils finirent par abandonner quand Diem fut menacé d’excommunication pour son interférence dans les affaires de l’Eglise.Thuc fut amèrement déçu d’être seulement évêque de Hue au lieu de l’archevêque de Saïgon (bien que Hue fut élevé au rang d’archidiocèse par la suite). A Hue, Thuc démarra la chaîne d’évènements qui firent érupter les manifestations dramatiques des bouddhistes dans tout le Sud-Vietnam. Quand le coup d’état eu lieu, Thuc avait déjà quitté le pays, étant parti à Rome en septembre 1963. Selon toute vraisemblance, le Vatican lui avait donné l’ordre de partir dans l’espoir que son absence aurait pu aider à apaiser les tensions liées à la crise bouddhiste. Même exilé du Vietnam, quoi qu’il en soit, Thuc ne put arrêter ses intrigues. Par la suite il se retrouva impliqué dans un mouvement remettant en cause l’autorité du Vatican, menant à son excommunication.[…]
Madame Nhu, la « Dragon Lady » du Régime Diem, quand Monseigneur Thuc fermait les yeux sur le ménage à 3 de ses frères avec une prostituée !

A une autre occasion, je me trouvais au Palais et je vis Madame Nhu dans une nuisette quasiment transparente, assise sur un accoudoir à côté du Président. Son mari monsieur Nhu et Monseigneur Thuc étaient également assis non loin, ayant apparemment une conversation informelle. Cette scène et l’accoutrement provocant de madame Nhu me choquèrent. Je trouvais quelque chose d’étrange à voir ainsi madame Nhu et les frères Ngo comme si tout était « normal ».
Je demandais à Hai : « Comment expliquez vous ces deux incidents auxquels j’ai assisté et cette lubie qu’on l’appelle « Madame Ngo » ? » Je lui dis que quelque secret qu’il voudrait me révéler demeurerait strictement confidentiel. Agité, Hai répondit en hâte :
« C’est une excellente chose que vous partiez ! Nous sommes fichus. Le vieil homme a été envouté par cette traînée. Il est resté célibataire trop longtemps et à présent elle lui donne tout, donc il est accroché. Vous vous souvenez de Cat, mon assistant ? Il se trouve qu’il a surpris le vieux avec madame Nhu ensemble … Il a donc fallu le renvoyer. A présent vous savez tout et c’est très bien que vous partiez parce qu’ici nous sommes tous condamnés et cette traînée a tout fichu en l’air avec le vieux. »
Hai semblait épuisé par la révélation de ce secret. Je le laissais, profondément troublé et attristé par ce que j’avais entendu. Hai était la personne la plus proche de Diem en dehors de sa famille, donc ces accusations n’avaient rien d’insignifiantes rumeurs. Que Hai se trompe ou non à propos de leur relation sexuelle, le simple fait qu’il la croit possible me convainquit qu’il y avait définitivement quelque chose de malsain et d’anormal dans la dynamique entre le président et madame Nhu.
A mes yeux, la possibilité que madame Nhu tint en quelque sorte le président Diem en otage parce qu’ils avaient une aventure était moins importante que l’hypocrisie du régime Diem à propos des affaires concernant la famille, le sexe et la morale personnelle. Ce ménage à trois supposé dans le palais présidentiel était compréhensible et n’était qu’humain, bien que cela soit à garder secret. Ce qui le rendait si inacceptable, selon moi, était que bien que cet arrangement semblait plausible, le gouvernement Diem prêchait constamment que les sud-vietnamiens devait imiter le président Ngo dans son style de vie pur et ascétique. Tout citoyen de la République du Vietnam était sans cesse exhorté d’éviter les dangers des quatre vices sociaux : le sexe, l’opium, le jeu et l’alcool. Cette campagne morale semblait relever du double discours et de l’hypocrisie.
L’exemple le plus exaspérant de cette hypocrisie révoltante pour moi était l’adoption, là encore initiée par madame Nhu, de la Loi sur la Famille. Cette loi interdisait le divorce dans tout le Sud-Vietnam, quelques soient les circonstances. Même le plus puritain des pays catholiques n’aurait envisagé d’adopter une législation anti-divorce aussi stricte. […]
La Famille Ngo au dessus des lois, quand Monseigneur Thuc faisait du bizness avec les ennemis communistes du régime de son propre frère !
Travaillant pour Vietnam Press, je fus témoin à de nombreuses reprises que la famille Ngo semblait s’impliquer dans des affaires corrompues et illégales. Ils se croyaient au dessus des lois de la République du Vietnam et se comportaient en conséquence. En particulier vers la fin de ma période à Vietnam Press, quand les insurrections communistes empiraient significativement, la famille Ngo semblait même en collusion avec les Viet Cong dans le cadre de ses entreprises corrompues. En principe n’importe quel sud-vietnamien suspect d’avoir le moindre contact avec les Viet Cong pouvait être arrêté et emprisonné. S’il fournissait de l’argent, des armes, de la nourriture ou quoique ce soit pour aider l’ennemi, cela pouvait lui valoir la peine de mort. Les lois anti-communistes du Sud-Vietnam étaient draconiennes et strictement appliquées, à l’exception apparemment de ce qui concernait les membres de la famille Ngo.
A une occasion, Vietnam Press reçut un sujet à propos du renvoi du secrétaire général du ministère des travaux publics à Saïgon.
Il n’était que le bouc émissaire du véritable scandale qui en tout cas impliquait Ngo Dinh Can. En dépit de l’interdiction absolue de commercer avec les Viet Cong, Can avait mis en place un racket consistant à vendre du riz aux communistes à un tarif des plus lucratifs. Des fuites à propos de cet accord secret sur le riz circulèrent, mais le président Diem fit porter le chapeau sur un haut fonctionnaire innocent au lieu de sanctionner son frère. Lorsque l’information me fut remis à Vietnam Press, j’appelais Tran Kim Tuyen du Bureau Présidentiel pour les Enquêtes Politiques. Je lui expliquais que j’étais au courant de ce qui s’était réellement passé et suggérais qu’il ne valait mieux pas publier et attirer l’attention sur la condamnation de ce bouc émissaire malchanceux. Je lui dis qu’il valait mieux ne pas en parler. Tuyen était d’accord avec moi mais me répondit qu’il « reçu l’ordre » de diffuser cette information. Il exigea que je la publie verbatilm et je n’avais d’autre choix que de me soumettre.
Ngo Dinh Can n’était pas l’unique membre du régime à traiter secrètement avec les Communistes. Madame Nhu et Monseigneur Thuc autorisaient également certains de leurs subordonnés à faire des affaires avec les Viet Cong. Dont des employés de l’organisation féminine de madame et de l’Université Catholique de Dalat de Monseigneur. En secret, ils fournissaient des espèces, des médicaments et des vivres aux communistes. En échange, les Viet Cong fournirent un accès libre aux forêts qu’il contrôlait afin que les agents de Madame Nhu et Monseigneur Thuc puissent y débiter leurs bois précieux. Ces accords clandestins avec les communistes se poursuivirent durant des années sans encombre, mais les évènements qui se déroulaient désormais les perturbaient. A une occasion en 1959, deux bataillons de l’armée de terre du Sud-Vietnam se livraient à des opérations dans une zone infestée par les Viet Cong et firent la découverte d’un chantier de bucheronnage. Ils découvrirent même que deux bataillons commandés par le bureau du docteur Tuyen étaient chargés d’assister les Viet Cong dans cette région. Le commandant des parachutistes, mon ami Nguyen Chanh Thi, étaient choqué par sa découverte mais ne pouvait rien y faire. S’il en avait parlé ouvertement, il aurait certainement perdu son poste, et peut-être bien pire. Il ne révéla donc pas ce qu’il vit avant de nombreuses années dans son autobiographie.
Non seulement étais-je forcé au sein de Vietnam Press d’aider à couvrir la corruption de la famille Ngo, mais parfois je devais même assister les manœuvres de basses politiques du régime. A une occasion, je recevais le résumé secret du docteur Tuyen sur les opérations couvertes que le régime complotait contre quelques opposant politiques. Il me dit qu’un journal d’opposition allait être « saccagé par des étudiants en colère », en raison de « ses attaques calomnieuses envers le président et sa conseillère » Madame Nhu. Il n’y avait pas la moindre substance « d’attaques calomnieuses » mais le régime avait besoin d’une excuse pour réduire le journal au silence. Dans tous les cas, Vietnam Press était sollicitée pour couvrir rapidement la nouvelle de la manifestation « spontanée » et essayer de convaincre le public que ce journal avait tort.
Etant un journaliste idéaliste, j’étais mal à l’aise avec une distorsion des faits aussi grossière. J’étais parfois tenté de démissionner de Vietnam Press. Je sentais que je n’avais pas besoin de ce travail qui me demandait souvent de m’arranger avec ma conscience, mais je me rassurais en me disant qu’il fallait être patient et que ces inconvénients étaient mineurs comparés à la noble tâche d’aider le président Diem à développer le Sud-Vietnam. Un autre argument qui me maintint à Vietnam Press était le dicton français « les absents ont toujours tort ». Ce travail pouvait avoir ses mauvais côtés parfois mais il n’y avait qu’en le faisant que je pouvait être présent et qu’en participant au gouvernement Diem que je pouvais l’influencer favorablement. Tout en espérant que le régime Diem pourrait un jour devenir un gouvernement plus juste et démocratique, cette idée m’aidait à tenir. Mais plus le temps passait, plus je devais altérer la réalité. Les signes d’amélioration du régimes tardaient à apparaître et mes doutes ne faisaient que s’accroître. […]
La Crise Bouddhiste, comment Monseigneur Thuc a déclenché la Guerre du Vietnam !
La crise démarra en mai 1963, lorsque des pagodes à Hue abritaient des banderoles bouddhistes dans le cadre d’une célébration religieuse. Thuc s’opposa à l’exposition de ces banderoles et ordonna au Chef de Province de les interdire. Les bouddhistes protestèrent contre l’interdiction et se plaignirent de discrimination religieuse, en arguant que les banderoles catholiques étaient autorisées (des bâtiments officiels en étaient parés) lors des célébrations récentes des 25 ans de l’ordination de Thuc. Les Bouddhistes firent une manifestation devant une radio locale de Hue, mais le Chef de Province déclara la protestation illégale et ordonna qu’elle fut dispersée. Des chars furent employés contre la foule, des coups de feu furent tirés et une grenade explosa, tuant de nombreux manifestants et faisant encore plus de blessés. Sans surprise, cette action brutale fit escalader la situation et déclencha des protestations à travers tout le pays. Diem et Nhu soupçonnaient les manifestants d’être communistes, tandis que Madame Nhu accusait les Américains de manipuler les Bouddhistes pour faire renverser Diem. Alors, un jour de juin à un carrefour bondé de Saïgon, le moine bouddhiste Thich Quang Duc s’immola à mort pour protester. Le reporter d’Associated Press Malcolm Browne ayant été prévenu en avance prit en photo cette immolation qui surpris le monde entier et lui rapporta le Prix Pulitzer. Non seulement Diem faisait face à des contestations importantes dans son pays mais l’opinion publique internationale était désormais contre lui.

Les Etats-Unis pressèrent Diem de faire preuve de conciliation afin de désamorcer la Crise Bouddhiste. Diem convoqua une commission d’enquête dirigée par le Vice Président Nguyen Ngoc Tho pour investiguer l »‘incident bouddhiste ». Diem, malgré tout, ignora l’avis de Tho et ordonna à la commission d’accuser les communistes et non le Chef de Province pour les responsabilités des dommages causés lors de la manifestation de Hue. Enragés par l’obstination et les mensonges de Diem, les bouddhistes organisèrent de nombreuses autres immolations publiques en protestation. Madame Nhu, qui prenait de plus en plus la parole et d’autorité, fit une déclaration outrageusement provocante au sujet de la crise qui ne fit qu’empirer les choses. Elle ridiculisa publiquement les protestations-suicides des moines et déclara qu’elle applaudirait si de nouveaux de « barbecues bouddhistes » devaient se dérouler. Dans tout le Sud-Vietnam, des descentes eurent lieu dans de nombreuses pagodes et des activistes bouddhistes furent arrêtés, certains tués. Au milieu de la nuit du 21 août, des troupes des Forces Spéciales fidèles à Nhu assaillirent et saccagèrent Xa Noi, la plus grande pagode bouddhiste de Saïgon.
Tout au long de la Crise Bouddhiste, madame Nhu semblait être la décisionnaire en chef du régime. Elle reprochait à Diem d’être faible et de céder trop facilement aux demandes des bouddhistes. On rapporta que lors d’une dispute pendant un repas au palais présidentiel elle jeta un bol de soupe au visage de Diem dans un accès de colère à cause de son manque agressivité contre les bouddhistes. Diem encaissa sans broncher sans réagir à sa tirade enragée. Les rôles s’étaient inversés comparé à un incident ayant eu lieu dix années auparavant. Alors, durant la crise de Binh Xuyen, Diem pris de colère avait jeté un cendrier sur madame Nhu, qui cessait d’argumenter et retournait docilement à ses appartements. Leur relation avait manifestement pas mal évoluée entre 1954 et 1963. En outre de ses pressions sur les frères Ngo pour qu’ils aient une position plus ferme, madame Nhu continua à faire publiquement escalader les tensions. Non seulement produisait elle des déclarations provocatrices, mais elle ordonnait à ses « serviteurs » américains Gene et Anne Grgory, d’écrire des éditoriaux incendiaires dans le Times of Vietnam. Ils faisaient ainsi écho à ses dénigrements contre les bouddhistes tout en attaquant l’ambassade américaine pour son soutien aux bouddhistes, censé être des « agents communistes ».
